LIBAN. MICHEL AOUN AU BOUT DU ROULEAU


Michel Aoun, 85 ans, président de la République du Liban, fait son entrée dans la grande salle du palais
présidentiel de Baabda, où il va diriger le dialogue national. Il est 11h ce jeudi 25 juin 2020. Les principales
gures de l’opposition telles que Samir Geagea, et les représentants de la société civile, sont portés
absents. À l’extérieur, plusieurs personnes manifestent partout dans le pays pour exiger le départ du
président qu’elles jugent incapable d’enrayer la crise multiforme qui sévit depuis plus d’une année. Tout
débute en mars 2019. La dette de l’État libanais atteint 90 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB.
L’État est en cessation de paiement. Les taux de chômage et de pauvreté s’envolent. La livre libanaise
connaît une dépréciation historique. L’ination grimpe à 56,53%. Le pouvoir d’achat des ménages baisse de
plus de 70%. Plus de 500 entreprises mettent la clé sous la porte. Alors que le pays se trouve dans cette
situation désastreuse, le gouvernement annonce en octobre 2019, une nouvelle taxe sur l’essence, le tabac
et les applications de messagerie internet telles que WhatsApp. Pour la population, c’est le ras-le-bol. Des
violentes manifestations éclatent, aux allures du printemps arabe, et aux cris de « révolution ! révolution ! ».
La démission du premier ministre Saad Hariri et la mise en place de nouvelles réformes n’apportent aucun
apaisement. En mars 2020, la crise sanitaire due à la pandémie du coronavirus enfonce le clou. Michel
Aoun se trouve alors dos au mur et ne sait plus de quoi demain peut être fait.