Afrique: ZIMBABWE. LES USA BOUC ÉMISSAIRE DE MNANGAGWA

Lors du discours à la nation le 4 août 2020, le président de la République Emmerson Mnangagwa déclare « nous surmonterons les tentatives de quelques voyous, agissant avec des détracteurs étrangers, de déstabiliser notre pays ». Pour lui, ce sont les États-Unis qui œuvrent à l’etablissement du système gouvernemental du Zimbabwe en incitant la population à manifester contre le régime. Patrick Chinamasa, le porte parole de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, a clairement indexé l’ambassadeur américain Brian Nicholls, le qualiant de « voyou» et l’accusant d’avoir fomenté des manifestations anticorruption dans le pays.

Des déclarations qui en ont surpris plus d’un, et qui sonnent comme un signe d’essouement du gouvernement face aux manifestations que connait
le Zimbabwe depuis plus de deux ans. En novembre 2017, les Zimbabwéens avaient réclamé et obtenu le départ de Robert Mugabe, à l’issue de violentes manifestations. Emmerson
Mnangagwa devient alors président et promet monts et merveilles à son peuple. Meilleurs conditions de vie, éradication de la corruption et enrayement de la crise économique.
Deux ans plus tard, la situation du pays est bien pire. Le chômage s’élève à 90%, l’ination est à 785% et la moitié de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire. Le
dollar zimbabwéen connaît une dévaluation historique et la
corruption est à son paroxysme. En juin 2020, les populations, désespérées, redescendent dans les rues.

Malgré les appels au calme du gouvernement, les manifestations ne faiblissent pas. Pour le peuple, Emmerson Mnangagwa n’a pas tenu sa promesse. Il doit passer le témoin à une personne capable de relever le pays. Le régime, pour qui les sanctions américaines constituent la cause de la situation désastreuse dans laquelle se trouve plongée l’économie zimbabwéenne, bombe le torse
et met aux arrêts de nombreux journalistes et opposants tels que Fadzayi Mahere et Jacob Ngariyhume.

Des arrestations qui n’intimident nullement les contestataires. Tel le mauvais ouvrier qui accuse ses outils, Emmerson Mnagnagwa tente
de trouver les responsables de ses failles ailleurs.