RDC : défiance et tiraillements au sommet de l’Etat

Deux ans à peine et, déjà, la confiance est rompue entre le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, et son prédécesseur, Joseph Kabila. A l’issue des élections contestées de 2018, le chef de l’Etat sortant avait cédé au fils de l’opposant historique la présidence, tout en prenant soin de conserver la mainmise sur le Parlement, les exécutifs provinciaux, les forces de sécurité et le pouvoir judiciaire. Mais la coalition formée bon an mal an par les deux hommes se fissure. Félix Tshisekedi grignote à coups d’ordonnances présidentielles le domaine réservé de son allié. Une confrontation de moins en moins feutrée qui s’étend désormais aux institutions chargées d’encadrer l’élection présidentielle prévue en 2023.Article réservé à nos abonnés 

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Les deux camps lorgnent la Cour constitutionnelle, chargée de valider les candidatures et donc d’écarter de potentiels rivaux – ce fut le cas en 2018 –, mais aussi de proclamer les résultats définitifs des élections. Trois nouveaux juges nommés par le chef de l’Etat ont prêté serment, mercredi 21 octobre, lors d’une cérémonie qu’ont boudée presque tous les fidèles de Joseph Kabila au sein des institutions (premier ministre, présidents des deux chambres du Parlement, sénateurs et députés). La formation politique de l’ancien président, le Front commun pour le Congo (FCC), conteste la légalité de ces désignations et dénonce une « violation intentionnelle et manifeste de la Constitution ». Une manière de saboter la tentative de Félix Tshisekedi de rééquilibrer les rapports de forces au sein de l’appareil judiciaire…

Photo à la une, le président Félix Tshisekedi (à g.) et son prédécesseur, Joseph Kabila, à Kinshasa, le 24 janvier. © Jérôme Delay/AP/SIPA

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